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Les propositions de Valérie Pécresse pour désengorger les urgences !

Tribune publiée dans le JDD 

Services d’urgence saturés, ­patients attendant dans les couloirs sur des brancards, temps d’attente devenus insupportables : depuis plusieurs semaines, les professionnels de l’urgence tirent la sonnette d’alarme. Un malaise largement partagé par nos concitoyens, qui rencontrent toujours plus de difficultés à s’orienter dans notre système de santé.

Loin d’être conjoncturelle, la tension actuelle est le reflet d’une crise profonde de notre système. Des premières réponses ont été proposées par le gouvernement, dont certaines vont dans le bon sens, tels les nouveaux outils de coordination entre professionnels. Pour autant, c’est une réforme plus ambitieuse qui doit être engagée pour résoudre durablement cette crise. Je ­propose la mise en œuvre immédiate d’un plan global pour les soins urgents et l’accès au ­système de santé, articulé autour de quatre axes.

Un effort appuyé doit être conduit à destination des jeunes, des médecins généralistes et des paramédicaux

Le premier axe doit être centré sur les femmes et les hommes sur lesquels repose notre système de santé. Il faut renforcer l’attractivité de leurs métiers, revaloriser leurs carrières et reconnaître ­financièrement leur engagement et les responsabilités exercées. A ce titre, un effort appuyé doit être conduit à destination des jeunes, des médecins généralistes et des paramédicaux, dont les pratiques doivent être mieux valorisées et la place centrale confortée dans l’accès aux soins de premier recours. La médecine générale doit être le pivot de notre système. L’engouement que suscite l’expérimentation de la Saône-et-Loire, dans laquelle des praticiens libéraux deviennent, au tarif pratiqué par la fonction publique hospitalière, salariés du département et se déplacent au plus près de la population, en assumant de vraies obligations de garde, doit tous nous interpeller : il témoigne haut et fort de l’épuisement des généralistes libéraux qui ne peuvent plus faire face sans aide à la charge écrasante de leurs fonctions, et à la désertification médicale qui s’étend des territoires ruraux jusqu’à Paris.

Je propose ensuite d’engager un nouveau et large mouvement de délégation de tâches aux professions paramédicales, avec l’objectif de recentrer ­chacun sur ses actes à haute valeur ajoutée. Saisissons-nous de la crise actuelle pour attribuer de nouvelles compétences aux infirmiers, qu’ils exercent d’ailleurs déjà largement dans les faits, et accompagnons financièrement ce mouvement. La validation des acquis de l’expérience peut nous permettre d’aller vite grâce à des formations innovantes.

La crise de l’organisation des urgences et du système de santé n’est pas une fatalité

Le troisième axe consiste en un changement profond de l’organisation de la réponse aux besoins de soins urgents. Ne culpabilisons pas les Français qui poussent la porte des services d’urgence car, dans l’immense majorité des cas, ils s’y rendent faute d’informations et surtout d’alternative. Je propose de mettre en place, par substitution à la kyrielle des numéros actuels, un numéro unique, et de le rendre obligatoire avant de se rendre aux urgences. Chaque Français, après un premier avis d’un professionnel de santé par téléphone, sera ainsi orienté vers la structure la plus adaptée à son état et la plus proche de son domicile, qu’elle soit libérale, hospitalière, ­publique ou privée. Cette organisation, qui a fait ses preuves par exemple au Danemark, ­replacera les services d’urgence dans leur mission de recours, et leur accès direct, hors urgence vitale, ne sera plus possible. L’urgence est une responsabilité commune que médecins de ville, hôpitaux publics et privés, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers doivent partager. Réunissons tous ces ­acteurs dans chaque territoire et demandons-leur de se mobiliser ensemble pour répondre concrètement aux besoins de soins.

Le dernier axe de ce plan concerne le renforcement de la sécurité de nos professionnels. Le nombre d’agressions augmente chaque année, le sentiment ­d’insécurité aussi. Je propose qu’une mesure d’aggravation des peines encourues en cas d’agression d’un professionnel de santé soit mise à l’étude par la chancellerie. Je souhaite en outre qu’un plan de financement de caméras de surveillance dans les urgences et les maisons de santé soit lancé.

La crise de l’organisation des urgences et du système de santé n’est pas une fatalité. Il est temps d’oser un changement profond de nos règles et de nos modes de régulation, qui suppose aussi un rôle plus fort reconnu aux collectivités locales pour faire vivre le système et définir de nouvelles solutions. C’est à cette condition que la santé restera un élément de fierté nationale et le socle de notre pacte solidaire.

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